film Une affaire de famille

Une affaire de famille – Réalisation Hirozaku Kore-Eda

Affiche du film Une affaire de famille

Qu’est-ce donc qu’une famille?

C’est indubitablement la question de ce film de Hirozaku Kore-Eda, et même le questionnement profond -intime sans doute- du cinéaste.
En effet, déjà avec Nobody Knows (2004) film avec lequel j’ai découvert ce réalisateur japonais, le point central du film était la famille : 4 enfants livrés à eux-mêmes, chronique douce et tendre où perçait déjà ce fond d’amertume qui nimbe plus ou moins les films de Kore-Eda, tant sa réflexion sur le thème -la famille- est sans doute pour le cinéaste le nœud de la vie.
Il est vrai ! et c’est selon moi le plus prolifique sujet pour le cinéma.

Kore-Eda l’aborde par le prisme des enfants d’abord. Tel père tel fils (2013) : deux enfants ont été échangés à la maternité, I wish (2012) : deux frères séparés par le divorce de leurs parents, deviennent éloignés géographiquement, Still walking (2008): journée du souvenir d’une famille pour un frère décédé 15 ans plus tôt…

Ici, il en va de même avec cette Affaire de famille : un père et son fils semble-t-il, reviennent du supermarché où ils ont chapardé, et tombent sur une petite fille, esseulée sur une terrasse; il fait froid ils la ramènent chez eux… Et quel « chez eux » ! Entassés à 5 dans un foutoir inextricable, travaillant avec plus ou moins de bonheur, cette famille parait pour le moins hétéroclite, sans que l’on sache précisément leurs liens.

 C’est tout le sujet du film, encore donc, pour Hirozaku Kore-Eda.
Qu’en est-il des liens sous ce sceau indélébile de Famille ? Qu’est-ce donc qu’une famille? Peut-on se la choisir ? Impunément ? Librement ? Peut-on la renier, l’ignorer?

Kore-Eda donne quelques pistes de réponse, en douceur; ou pas.
Sa caméra est au plus serré, douce avec ses visages, juste dans le cadre de ce qui se joue entre les uns et les autres, au milieu d’une société pas toujours subtile.
L’interprétation est belle, fine -les enfants comme souvent justes- avec une mention pour Sakura Ando, déjà vu dans Shokuzaï (une merveille).

Hirozaku Kore-Eda signe là encore un film doux-amer, ce qui semble être sa marque, sans pour autant que le film nous submerge d’émotions.

Synopsis Wikipedia du film Une affaire de famille :

Les Shibata, famille pauvre qui vit grâce à la débrouille, recueillent une petite fille dans la rue.

Hatsue, la vieille dame qui les héberge perçoit une petite retraite. Osamu travaille en indépendant sur un chantier de construction, se blesse sans pouvoir prétendre à des indemnités. Nobuyo travaille dans une blanchisserie, subit une compression de personnel. Aki est une adolescente qui a quitté ses parents et vit de ses charmes, en cabine privative de peep show. Shota, le jeune garçon, a été trouvé dans une voiture. Et Yuri, la petite fille, a manifestement été battue et délaissée par ses parents, depuis que sa grand-mère est morte.

Tout ce chaos forme une famille, parce que chacun de ses membres, sans lien de famille, a choisi et a été choisi. Même si chacun est en survie, venant d’une famille décomposée, et sous un autre nom. Osamu et Shota volent à l’étalage. Et Yuri, devenue Rin, est initiée, alors que Shota commence à s’interroger.

Portait vraisemblable et pas triste d’une frange défavorisée du Japon urbain actuel.