film Roubaix, une lumière

Roubaix, une lumière – Réalisation Arnaud Desplechin

De l’humanité sous le cloaque?

Desplechin confirme à chaque nouveau film, qu’il est -pour moi- avec Léos Carax, le meilleur cinéaste français de sa génération. Déjà parce qu’il se ré-invente ! Il fallait tenter Jimmy P., Esther Kahn ou encore ce Roubaix, une lumière. Et parce qu’il réussit, presque à chaque fois (Les fantômes d’Ismaël ont déçu), à nous prendre dans son cinéma.
Lui, le cinéaste des rapports, amoureux et familiaux, eut pu longtemps faire tourner le même moulin, mais il est allé chercher plus loin.

Ici la noirceur, celle du Nord et de la pauvreté, de quelques quartiers, de la réclusion de quelques pauvres êtres perdus. Une inspiration de faits divers pour nous conter l’histoire de Claude (Léa Seydoux) et Marie (le talent de Sara Forestier pour camper les pauvres filles) perdues, dépassées, larguées de la vie et par le reste, les faux prophètes stupéfiants.

Desplechin, lors, montre une réalité bien sombre ou seul peut-être un phare parfois peut permettre de guider pour surnager et gagner quelque rive sans sombrer ?

Et c’est peut-être son image du personnage du commissaire Daoud, de ce qu’il serait dans sa recherche de vérité, une tentative d’éclairage vers l’humanité. Roschdy Zem donne une formidable intensité contenue à son personnage (proche d’un Gabin des années 30) il lui confère aussi une densité sans fioriture, juste quelques filouteries parfois émanent du personnage, sous la houlette bienveillante de Desplechin, qui dirige -non pas un thriller- mais bien mieux ! Un film Noir.

Donc un film bien dirigé, bien interprété et très bien écrit comme en attestent les quelques soliloques intérieurs du personnage joué par Antoine Reinartz, et le seul espoir de cette histoire est que le « phare » Zem/Daoud, parvienne à révéler une petite lumière d’humanité de ce cloaque.

Synopsis du Film Roubaix, une lumière :

Le soir de Noël, Daoud, le chef de la police de Roubaix, patrouille en voiture avec Louis, une nouvelle recrue. Ils sont appelés pour le meurtre d’une vieille dame. Les soupçons se portent sur les jeunes voisines de la victime, Claude et Marie. Les deux toxicomanes, alcooliques et amantes, sont alors arrêtées. (wikipedia)