Chocolat

Chocolat

ChocolatRacisme ordinaire

Réalisation Roschdy Zem 2016

On a donné les clefs du succès à Roschdy Zem : un casting haut-de-gamme, une adaptation soignée et les moyens de produire le tout sans économie aucune.

C’est de la grosse prod, on pense à « La Vénus Noire » pour la reconstitution historique aux petits oignons.

De ce fait Zem abuse un peu mais c’est du cirque et ça brille de mille feux.

L’ histoire est poignante et portée merveilleusement par les deux clowns comédiens : James Thiérrée est Footit « le Clown Blanc », c’est un artiste hors du commun, il respire clown, il est tristesse, désespoir  et obstination, il aime si mal « Chocolat » qu’il le perd et c’est son drame.

Omar Sy est « Chocolat » avec générosité, il est tour-à-tour flamboyant et perdu mais pas toujours à 100%. Lui seul était capable d’interpréter « Chocolat », il est le seul acteur noir avec suffisamment de notoriété pour le faire, nous manquons affreusement de diversité dans le cinéma français.

Au passage et dans le tourbillon de couleurs, Olivier Gourmet (on pense encore à La Vénus Noire), Noémie Lvovsky est plus teigne et méchante que jamais, Alice de Lencquesaing est jolie et délicate comme une plume, Clotilde Hesme est amour absolu et on remarque la maîtrise totale de jeu d’Alex Descas.

Une réalisation qui colle consciencieusement avec l’oeuvre originale, les moyens ont été donnés à Roschdy Zem et il les a utilisés avec habileté et respect. Une bien triste histoire de notre patrimoine français sur le racisme ordinaire et elle se doit d’être contée aujourd’hui.

 

Synopsis Télérama  Chocolat : A la fin du XIXe siècle, le clown blanc George Footit fait la rencontre de Rafael Padilla, un Noir d’origine cubaine qui joue les sauvages dans un cirque de province. En perte de vitesse, Footit décide de former un duo comique inédit avec Padilla : clown blanc autoritaire pour le premier, clown noir souffre-douleur pour le second. La formule fonctionne à merveille. Les spectateurs, de plus en plus nombreux, en raffolent. Engagé par Joseph Oller, l’un des plus grands imprésarios parisiens, le duo rencontre bientôt un immense succès populaire. Surnommé le clown Chocolat, Rafael Padilla devient alors le premier artiste noir de la scène française…