Série Le bureau des légendes

Le bureau des légendes

Série Le bureau des légendes

De celles qu’on ne se raconte pas en famille.

Ni le soir pour endormir les enfants…

Mais une fois que l’on est grand des histoires qu’on aime se faire raconter, sous forme de séries, que l’on quitte à regret, forcé et contraint, puisque les conteurs n’ont pas encore eu le temps et l’imagination de construire la suite.

Le bureau des légendes est ainsi fait ! Que l’on perd un peu un membre de la famille quand s’achève la série; enfin pas tout à fait, la 5e saison est à diffuser et ce serait l’ultime. La meilleure série du Monde compte 5 saisons: 6 feet under, foin des bricolages à rallonges qui mettent artificiellement sous perf’ des séries jusqu’au-boutistes Friends, Game of thrones, the walking dead, 24H !!! Alors en attendant j’attends patiemment, ou presque et ils sauront s’arrêter (Aznavour l’a chanter : Il faut savoir)

Qu’avons-nous donc, qu’est-ce alors que ce rendez-vous, ce nouveau membre de la famille ?
DGSE, elle-même une sorte de famille, avec ses pères, ses mères, fils rebelle, pièce rapportée à l’exotisme superbe, intelligence et charme, peines et peurs, animent bien souvent chacun des membres. La famille est là bien particulière, puisqu’elle peut sciemment « sacrifier » l’un des siens; c’est une famille qui vit dans le danger, dans le danger et dans le secret, parfois envers les uns ou les autres. Complexe, compliqué : les créateurs nous rendent cela compréhensible et haletant, sans bluff.

Eric Rochant est à l’origine. Il n’est pas à son premier contact avec le monde de l’espionnage puisqu’il avait signé au cinéma « Les patriotes » (94) qui m’avait déçu quelque peu, à revoir peut-être.
Il compose ici une œuvre, bien entouré en cela par : Camille De Castelnau, Emmanuel Bourdieu, Jacques Audiard… au scénarii. Et les choses sont bien menées. On y croit tous ! à ses agissements, ces tractations et autres missions du boulevard Mortier. Superbement servi par un casting Ad Hoc; Mathieu Kassovitz en tête, Florence Loiret-Caille (trop peu utilisée au cinéma), Jonathan Zaccaï, Léa Drucker (j’adore cette actrice !), Sara Giraudeau (envoûtante bluffante), Jean-Pierre Darroussin et la belle Zineb Triki, actrice fine, à l’image du casting « étranger » puisque la DGSE est partout, irréprochable, très travail du bureau des… castings.

Et la bonne idée de départ est bel et bien de coller une histoire d’amour entre Malotru, agent clandestin et la belle syrienne, universitaire de renom : Nadia El Mansour. Nous les suivrons, nous les perdrons, les retrouverons; tous d’ailleurs ! mais eux un peu plus.
Des scénarii bien tenus, forts parfois, avec une vraie intelligence d’écriture sans effet.

A n’en pas douter la meilleure série française ! La 5e saison (même Vivaldi n’en fit que 4 !) prends garde de ne pas nous décevoir, un amoureux dépité est ravagé pour longtemps, lors irrécupérable même, désarticulé de l’entendement il est alors capable de se fourvoyer dans la plus basse série; coulant de Desperate à Game of avec pour piteuse bouée la casa de…

Irrécupérable, dis-je.