Coup de torchon

Coup de torchon – Réalisation Bertrand Tavernier

Film Coup de torchonLes mauvais versants de l’humanité, c’est encore de l’humanité.

Tout de ce film est terrible ! Cloaque dans un pays d’Afrique imaginaire : de pauvres Nègres soumis et quelques colons blancs, désespérant. Au milieu de tout cela, en phare obscur, en sentinelle aveugle, un shérif -c’est le Far-West même en Afrique !- débonnaire, veule et diablement désabusé en lucidité. Philippe Noiret lui prête ses traits et surtout son talent. Il incarne l’épouvante douce de cette histoire adaptée du roman de Jim Thompson, “1275 âmes”.

Inspiration géniale de Bertrand Tavernier et de son scénariste Jean Aurenche -complice déjà, depuis “L’horloger de St-Paul”, “Que la fête commence” et “Le juge et l’assassin”- que de transposer l’action en “zone française”, créant ainsi un écho et une zone de confort à fortes répercutions et implications.

Donc Lucien Cordier (Noiret) fait ce qu’il peut dans ce village aux mains d’un arriviste et de deux proxénètes. Alors qu’il est, à la maison, sous le joug consenti d’une mégère qui se laisse seulement apprivoiser par un “frère” Nono (subtilement joué par Eddy Mitchell).

Le drame arrivera, à plusieurs, et l’innocence à la figure de l’institutrice (Irène Skobline) n’empêchera rien.

“Coup de torchon” est un film d’interprétation, régal de chaque minute. Noiret y EST monstrueusement
génial, mordant dans le cynisme, désespéré dans l’espoir taciturne. Isabelle Huppert délicieuse, en pov’ fille mal mariée. Stéphane Audran toute de grâce vénéneuse et Eddy Mitchell : premier vrai rôle et quel rôle ! Son Nono est un con royal!

Le film “Coup de torchon” est de ces films -comme “La poursuite impitoyable”, “Certains l’aiment chaud”, “Shakespeare in love” ou “La mort aux trousses”… que je peux voir, voir et revoir.

 

 

Synopsis du Film Coup de torchon :

Lucien Cordier, unique policier d’une petite bourgade africaine, est un être faible. Sa femme le trompe, les proxénètes le provoquent ouvertement, le représentant de l’ordre est la risée du village. Rabroué par son supérieur, Lucien entre dans une folie meurtrière.