critique du film Border

Border – Réalisation Ali Abbasi

La Bête et la Bête

La fable est particulière, l’ambiance est mi fantastique-mi glauque. Ali Abbasi veut nous délivrer un message mais ce dernier est un peu brouillée. La frontière entre le bien et la mal ? La nature humaine et ses déviances ? Le retour à l’essentiel ? Un conte écologique? On se perd dans les méandres de cette histoire.

Tina est bestiale mais dans le bon sens du terme, elle est proche de la nature, instinctive, mutique et définitivement différente. Elle semble douée d’un odorat hors norme qui lui permet de détecter lors des passages à la douane : la peur et la culpabilité des trafiquants en tous genres.

C’est à cette occasion qu’elle va rencontrer son alter-ego: Vore, comme elle il se déplace comme un animal, mais plus brutal, dès lors elle va vouloir s’en approcher pour comprendre ce qui lui ressemble tant.

La vie de Tina va basculer, c’est là comme une histoire d’amour entre deux êtres gémellaires. L’adaptation du roman de John ­Ajvide Lindqvist, est dérangeante mais troublante. Certains moments sont magiques, surtout dans la forêt, lors des étreintes sauvages, pour la beauté de la nature et les animaux qui semblent si proches.

Eva Melander (Tina) est étonnante dans un rôle aussi sombre, c’est par le regard qu’elle exprime toute son humanité et ça sauve le rôle.

Eero Milonoff se laisse trop emporter par la caricature, dommage car ça donne au film des allures grotesques.

Ali Abbasi est un réalisateur étrange, mais sa part d’ombre n’est pas encore complètement aboutie, il réalise avec un peu de complaisance, comme pour nous choquer, c’est déstabilisant gratuitement.

Synopsis Wikipédia du Film Border

Tina a un odorat exceptionnel qui l’aide beaucoup pour son travail de douanière. Un jour, elle rencontre un homme qui lui paraît suspect, Vore.