Pupille – Réalisation Jeanne Herry


film-Pupille

Re-naissance.

Un parcours précis, des plans serrés, de l’émotion et de la pudeur . Un sans-faute pour ce film lumineux, qui m’a réconciliée avec les travailleurs sociaux.

L’histoire d’une naissance sous X, puis du chemin parcouru pour placer le nouveau né. Tout est mis en place pour accompagner l’enfant jusqu’à sa future famille d’adoption.

Jeanne Herry présente chaque étape avec tendresse. Mathilde (tout juste 20 ans) se présente aux Urgences pour accoucher. Fermement décidée, elle ne gardera pas l’enfant. Lors, pour la procédure, une assistante sociale (formidable) se présente dès le lendemain pour mettre en place la démarche. Elle explique à Mathilde avec des mots simples et sans la faire culpabiliser. Puis les services sociaux vont prendre le relai, Karine est désignée pour placer l’enfant dans une famille d’accueil avant l’adoption définitive.

C’est Jean qui prend l’enfant. Il est fatigué d’accueillir des ados tourmentés, prêt à abandonner, il accepte avec réserve puis se donne à 100%.

Ensuite arrivent les doutes, l’enfant semble apathique, sans réaction, alors l’équipe s’inquiète. Ils rappellent l’assistante sociale qui fût le premier contact de la mère, la mère a-t’elle dit correctement au revoir à son enfant ? Car cela fait la différence et met en lumière l’importance de la communication avec un nouveau-né.

Tous semblent tellement concernés, on aimerait tant que ce soit comme dans la vraie vie. Je ne doute pas de la véracité de cette histoire là, ni du regard de Jeanne Herry.

Elle veut défendre les gens de l’ombre, ceux qui, malgré les difficultés et le peu de moyens, se donnent pour tous ces enfants, abandonnés ou maltraités. Un travail exemplaire mais jamais valorisé, mais ce n’est qu’une seule histoire parmi tant d’autres, parfois plus violentes et pas toujours avec une aussi belle issue. Malgré tout on ressort chargé d’espoir.

Chaque comédien joue sa partition avec justesse et générosité. Gilles Lellouche n’a jamais été aussi tendre et intègre. Sandrine Kiberlain est plus nature que jamais. Mais surtout on réalise la longueur d’une procédure d’adoption avec Élodie Bouchez. Elle attend 8 ans pour enfin accueillir un enfant. 8 ans c’est long et la vie change.
Son mari la quitte et c’est en solo qu’elle va continuer avec une douce obstination et sans amertume.

Alors merci à Jeanne Herry, pour son doux regard. J’avais déjà aimé “Elle l’adore“. Cette jeune réalisatrice continue son parcours avec finesse et élégance.

Synopsis Wikipedia du film Pupille :

Théo est un enfant né sous X, pupille de l’État, qui durant sa procédure d’adoption, croise le chemin de nombreux adultes aimants, nous livrant une vision unique et touchante sur l’adoption et la parentalité.